Archives de Catégorie:

Si on ferme les yeux assez fort, on va peut-être pouvoir réussir à dormir.

Ça me déprime tellement de voir tout ces gens qui se laissent manipuler aussi connement, aussi facilement.

On tue leurs enfants, et au lieu de chercher les coupables, de poser des questions… ils avalent le premier récit qu’on leur sert, crédible ou pas, et tous en choeur, ils "réfléchissent" comme des miroirs, reproduisant mécaniquement ce qu’on leur met en pleine face, "hon c’est pas fin les fusils, c’est pas gentil, hein, ça fait plein de dégâts dégueux"…

Bordel, je dis pas que c’est nécessairement une mauvaise chose qu’avoir plus de contrôle d’armes à feu, mais pas comme ça, pas pour ça. Je dis pas non plus que quelques liens vaseux sur internet prouvent quoi que ce soit, mais les questions soulevées n’en sont pas moins cruciales, d’autant plus si on est pour croire aveuglément tout le reste.

Prendre une telle "bonne" décision suite à un événement aussi pourri, mais c’est pas sain du tout…

Et ça applaudit comme des otaries bien dressées, scandalisées juste comme il faut, quand il faut – surtout pas le reste du temps, par contre.

Quoi, se choquer quand le gouvernement ne cache même plus qu’il préfère protéger des banques criminelles au-dessus des lois que de peut-être, vaguement, prendre la chance d’un risque de susciter quelques remous dans le système bancaire mondial?

Ben non, voyons, c’est normal. Les citoyens en prison à vie pour des niaiseries de drogue, c’est bon, ça crée de l’emploi pour les policiers, les juges, les prisons privées, tout plein de beau monde.

Ce serait absurde de se scandaliser du fait que ça coûte juste un petit pourcentage de leurs profits aux grandes banques pour continuer en toute impunité, puisqu’on nous présente cette impunité même comme la justification nécessaire pour la poursuite tout aussi nécessaire du système : non, on ne peut pas tenir des grands banquiers responsables, car si nous les arrêtions ils ne pourraient plus assurer la gestion de leur règne.*

On va pas mettre les banquiers en prison pour leurs crimes, quand même, on les aime tellement… Ils sont si formidables que même quand tout le monde est en crise, en récession, en "austérité" imposée, eux, ils réussissent à faire des profits RECORDS à coups de milliards : c’est dire s’ils sont une classe à part – que dis-je, une race supérieure!

Nous, les citoyens, c’est pas pareil. Il faut bien qu’on travaille pour eux, qu’on finance leurs faillites, qu’on aille en prison quand on ose toucher aux miettes de leurs festins. On est là pour ça, après tout.

On regarde quand les nouvelles nous disent que ça va vraiment, vraiment mal en Islande. Et puis on regarde ailleurs quand ils ne nous disent pas que ça va beaucoup, beaucoup mieux là-bas depuis qu’ils ont pacifiquement emprisonné des banquiers/politiciens/crapules et repris possession de leurs institutions démocratiques.

Pendant ce temps-là ici on sacre et on peste contre les maudits manifestants, qui nous coûtent donc cher et dérangent nos petites vies, on veut même la tête du fendant qui dit des choses à la télé au lieu de faire comme les autres, mais on est ému quand on voit nos maires devenus désuets démissionner, et on voit pas trop pourquoi on chercherait à se faire rembourser les millions qui continuent d’être gaspillés et volés pendant que de modestes figurants sont promus à des grands rôles de boucs-émissaires, pendant que les taux d’intérêts frauduleux sur nos maisons, nos cartes de crédit, nos petites vies continuent de nous saigner de bien plus que juste "50 cennes par jour".

Et là nos enfants, nos pauvres enfants morts, on les pleure en suppliant l’état de faire encore plus de lois, parce que peut-être, qui sait, la prochaine couche réussira à empêcher les pires pourritures de continuer à tuer, de continuer à s’en moquer de nos lois. Oui, bon, la drogue, les armes illégales, tout ça, c’est déjà un peu illégal, et oui, bon, il y en a tout plein quand même. La fraude, c’est aussi un peu supposé d’être illégal, et oui, bon, quand on cherche, on en trouve, hein, mais c’est pas une raison pour pas faire encore plus d’autres lois, tsé, au cas où ça se mettrait à fonctionner. Peut-être que les cartels bancaires vont avoir pitié de nous, un jour, peut-être qu’ils vont se dire qu’ils pourraient obéir aux lois aussi?

C’est pas le temps d’être logique, là, voyons, ya des enfants morts, ok?

On n’en veut pas d’enquête, de justice, de logique : on veut juste dormir tranquilles.

Quand ce sont des citoyens armés qui freinent et empêchent des tueries, on veut pas le savoir.
http://www.examiner.com/video/clackamas-mall-shooter-was-confronted-by-armed-citizen

Quand des survivants de guerre civiles nous disent que la seule chose qui les a sauvés, c’est leurs armes, on veut pas le savoir.
http://lesurvivaliste.blogspot.ca/2012/03/bienvenue-en-enfer.html

"Nous n’avions pas de police ou d’armée organisée…il y avait des groupes armés, et ceux qui étaient armés défendaient leurs maisons et leurs familles. Quand tout a commencé, certains d’entre nous étaient mieux préparés que d’autres, mais la plupart des familles voisines n’avaient de la nourriture que pour quelques jours. Certains d’entre nous avaient des pistolets, et très peu étaient ceux qui avaient des AK47 et des fusils. Après 1 ou 2 mois, les gangs ont commencés leur destruction: les hôpitaux par exemple, se sont rapidement transformés en abattoirs. Les forces de police n’étaient plus présentent, et l’absentéisme du personnel hospitalier était de plus de 80%. J’ai eu de la chance, ma famille était large a cette époque (15 membres dans une grande maison, 6 pistolets, 3 AK47), et donc nous avons survécu…tout du moins la plupart d’entre nous."

Quand les médias, les policiers nous racontent un peu n’importe quoi, c’est pas grave: c’est compliqué, tout ça, on comprend rien de toute façon.
http://www.egaliteetreconciliation.fr/Questions-troublantes-sur-la-tuerie-du-Connecticut-15480.html
http://newtomorrow.us/ctshooting.html

C’est tellement compliqué que c’est normal qu’ils menacent de poursuivre et condamner des gens qui soulignent leurs contradictions (mais pas les grands médias qui identifient et présentent la mauvaise personne pendant des heures, ou qui font dire à une mère qui a simplement reconnu l’être qu’elle reconnaît son fils comme coupable, ça c’est correct): Connecticut Police Spokesman Newtown Will Prosecute Independant Journalist Whistleblowers http://youtu.be/N4CT4boLPrU

C’est pas comme si on pouvait trouver tout plein de connections étranges entre des différents tueurs, leur démolition à coups de psychotropes, leurs liens avec le plus grand scandale bancaire de l’histoire, non? Si? Ah bon. Pas grave, on veut juste pas le savoir, on vous dit. La dernière fois c’était tout croche aussi, on s’en rappelle déjà plus.
http://newsworldwide.wordpress.com/2012/12/16/breaking-news-ct-school-shooter-killer-link-to-libor-scandal/
http://www.facebook.com/photo.php?fbid=554891781206218&set=a.500915613270502.129574.296076410421091&type=1

Quand des gens nous rappellent que par ailleurs, nos gouvernements jugent pertinent de financer et mettre au point des méthodes de contrôle mental d’individus, on veut vraiment vraiment pas le savoir.
http://en.wikipedia.org/wiki/Project_MKUltra
http://vigilantcitizen.com/hidden-knowledge/origins-and-techniques-of-monarch-mind-control/

Non non non. Ces histoires-là c’est bon pour les films et les téléséries. Ça arrive pas dans la vraie vie, voyons.

C’est le temps d’agir, là, pas de réfléchir.
Surtout pas.

Si on ferme les yeux assez fort, on va peut-être pouvoir réussir à dormir.

***

"The illusion of freedom will continue as long as it’s profitable to continue the illusion. At the point where the illusion becomes too expensive to maintain, they will just take down the scenery, they will pull back the curtains, they will move the tables and chairs out of the way and you will see the brick wall at the back of the theater."       -Frank Zappa

*

"Federal and state authorities have chosen not to [...] endanger the financial system."

"It doesn’t take a genius to see that the reasoning here is beyond flawed. When you decide not to prosecute bankers for billion-dollar crimes connected to drug-dealing and terrorism (some of HSBC’s Saudi and Bangladeshi clients had terrorist ties, according to a Senate investigation), it doesn’t protect the banking system, it does exactly the opposite. It terrifies investors and depositor
s everywhere, leaving them with the clear impression that even the most "reputable" banks may in fact be captured institutions whose senior executives are in the employ of (this can’t be repeated often enough) murderers and terrorists. Even more shocking, the Justice Department’s response to learning about all of this was to do exactly the same thing that the HSBC executives did in the first place to get themselves in trouble – they took money to look the other way.
And not only did they sell out to drug dealers, they sold out cheap."

"So the executives who spent a decade laundering billions of dollars will have to partially defer their bonuses during the five-year deferred prosecution agreement? Are you fucking kidding me?"

"So you might ask, what’s the appropriate financial penalty for a bank in HSBC’s position? Exactly how much money should one extract from a firm that has been shamelessly profiting from business with criminals for years and years? Remember, we’re talking about a company that has admitted to a smorgasbord of serious banking crimes. If you’re the prosecutor, you’ve got this bank by the balls. So how much money should you take?

How about all of it? How about every last dollar the bank has made since it started its illegal activity? How about you dive into every bank account of every single executive involved in this mess and take every last bonus dollar they’ve ever earned? Then take their houses, their cars, the paintings they bought at Sotheby’s auctions, the clothes in their closets, the loose change in the jars on their kitchen counters, every last freaking thing. Take it all and don’t think twice. And then throw them in jail.

Sound harsh? It does, doesn’t it? The only problem is, that’s exactly what the government does just about every day to ordinary people involved in ordinary drug cases."

"No drugs were found, but police took the money anyway. Even after Smelley produced documentation proving where he got the money from, Putnam County officials tried to keep the money on the grounds that he could have used the cash to buy drugs in the future."

"What they do is, they stop you on the street and tell you to empty your pockets," the public defender explained. "Then the instant a pipe or a seed is out of the pocket – boom, it’s ‘public use.’ And you get arrested."

"People spend nights in jail, or worse. In New York, even if they let you off with a misdemeanor and time served, you have to pay $200 and have your DNA extracted – a process that you have to pay for (it costs 50 bucks)."

"By eschewing criminal prosecutions of major drug launderers on the grounds (the patently absurd grounds, incidentally) that their prosecution might imperil the world financial system, the government has now formalized the double standard."

"They’re now saying that if you’re not an important cog in the global financial system, you can’t get away with anything, not even simple possession. You will be jailed and whatever cash they find on you they’ll seize on the spot, and convert into new cruisers or toys for your local SWAT team, which will be deployed to kick in the doors of houses where more such inessential economic cogs as you live. If you don’t have a systemically important job, in other words, the government’s position is that your assets may be used to finance your own political disenfranchisement.

On the other hand, if you are an important person, and you work for a big international bank, you won’t be prosecuted even if you launder nine billion dollars. Even if you actively collude with the people at the very top of the international narcotics trade, your punishment will be far smaller than that of the person at the very bottom of the world drug pyramid. You will be treated with more deference and sympathy than a junkie passing out on a subway car in Manhattan (using two seats of a subway car is a common prosecutable offense in this city). An international drug trafficker is a criminal and usually a murderer; the drug addict walking the street is one of his victims. But thanks to Breuer, we’re now in the business, officially, of jailing the victims and enabling the criminals.

This is the disgrace to end all disgraces. It doesn’t even make any sense. There is no reason why the Justice Department couldn’t have snatched up everybody at HSBC involved with the trafficking, prosecuted them criminally, and worked with banking regulators to make sure that the bank survived the transition to new management. As it is, HSBC has had to replace virtually all of its senior management. The guilty parties were apparently not so important to the stability of the world economy that they all had to be left at their desks.

So there is absolutely no reason they couldn’t all face criminal penalties. That they are not being prosecuted is cowardice and pure corruption, nothing else. And by approving this settlement, Breuer removed the government’s moral authority to prosecute anyone for any other drug offense. Not that most people didn’t already know that the drug war is a joke, but this makes it official."

http://www.rollingstone.com/politics/blogs/taibblog/outrageous-hsbc-settlement-proves-the-drug-war-is-a-joke-20121213

*

"What’s a bank got to do to get into some real trouble around here?"

"it was so out in the open, these crimes, and there’s going to be no criminal prosecution whatsoever, which is incredible."

"the bank is too big to indict because of the threat to the world financial system"

"most people don’t know that HSBC stands for Hong Kong and Shanghai Banking Corporation. It’s a British bank that goes back to the early days of British colonialism in Asia."

"this is not a move to preserve the banking system at all. In fact, it’s incredibly destructive. It undermines the entire world confidence in the banking system. It’s an incredible decision that, again, is met with surprise even with—by people in the financial community."

"There are 50,000 marijuana possession cases in New York City alone every year. And here we have a bank that laundered $800 million of drug money, and they can’t find a way to put anybody in jail for that. That sends an incredible message not just to the financial sector but to everybody. It’s an obvious, clear double standard, where one set of people gets to break the rules as much as they want and another set of people can’t break any rules at all without going to jail. And I just don’t see how they don’t see this problem."

"$1.9 billion sounds like a lot of money, and it definitely is. It’s a record settlement. No bank has ever paid this much money before. But it’s about two months’ worth of profits for HSBC. It’s not going to cripple this bank. It’s not even going to hurt them that badly for this year. It fits in line with the Goldman Sachs settlement in the Abacas case, which was hailed at the time as a record settlement. It was $575 million. But that was about 1/20th of what they got just through the AIG bailout. So, this is not a lot of money for these people. It sounds like a lot of money to the layperson, but for the crimes they committed, getting away with just money—and it’s not even their own money, it’s not their personal money, it’s the shareholders’ money—it’s incredible. It really—it literally is a get-out-of-jail-free card."

"Basically, they can just take money from the government and pay the government back."

http://www.alternet.org/matt-taibbi-you-can-go-prison-pot-while-big-banks-get-away-laundering-drug-cartel-cash

***

*pour les gens qui pensent encore que c’est de la science-fiction, ou même une simple exagération de dire que les Banques possèdent le monde, voici ce qu’en dit la science:

article: http://www.newscientist.com/article/mg21228354.500-revealed–the-capitalist-network-that-runs-the-world.html

étude: http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/1107/1107.5728v2.pdf

The 1318 transnational corporations that form the core of the economy. Superconnected companies are red, very connected companies are yellow. The size of the dot represents revenue (Image: PLoS One)

Poster un commentaire

Classé dans ..., blabla, D'Autres

Qu’est-ce que vous avez fait de l’Érable du Printemps?

Qu’est-ce que vous avez fait de l’Érable du Printemps?

Qu’est-ce que vous avez fait de toute la jeune sève, sincère et fière, qui nous a fait croire que peut-être enfin on sortirait de l’interminable hiver?

Qu’est-ce que vous avez fait des torrents qui coulaient à flots, qui débordaient de partout jusque dans les vies les plus seules et les plus tristes?
Qu’est-ce que vous avez fait des fleuves épiques, des rivières régulières et des subtils coulis, qui donnaient enfin un peu de goût au sang dans nos veines, qui sucraient même les larmes de peine et de poivre.

Mais qu’est-ce que vous avez fait de l’érable du printemps?

Vous l’avez laissé passer, vous l’avez laissé couler.
Vous l’avez laissé se déverser, vous l’avez laissé sécher.

La fraîche sève qui coulait de source s’est fait plus rare.

On ne voit plus que de faibles ruisseaux, à l’ombre des lourdes machines qui s’affairent à en faire du sirop.

On n’a plus entre les poings que des souvenirs, des petites bouchées trop gluantes et sucrées.

Mais qu’est-ce que vous avez fait de l’Érable du Printemps?

Quebecers have let all that gushing spring maple flow, run out and dry, and all that’s left in our clenched fists are small, sugary bite-size souvenirs.
The long cold winter is coming, and there aren’t flowing rivers in the street anymore.
But we are still here. So what now?

Un commentaire

Classé dans ..., août 2012, avril 2012, blabla, D'Autres, juillet 2012, juin 2012, mai 2012, Manifestation, novembre 2012, octobre 2012, septembre 2012

témoignage a/s temoignage@liguedesdroits.ca

Campagne de témoignage
3 juillet 2012

La Ligue des droits et libertés, le Comité légal de la CLASSE et l’Association des juristes progressistes se réunissent pour récolter, d’ici le 15 octobre 2012, les témoignages d’étudiants et d’étudiantes et de citoyens et de citoyennes qui, depuis le début de la grève étudiante, ont fait l’objet d’intimidation ou de brutalité policière, d’arrestation, de détention, d’accusation quelconque ou encore de représailles et refus d’accès à des lieux publics ou des services parce qu’ils ou elles portaient un carré rouge.

Les trois organismes entendent produire un rapport avec ces témoignages, permettant ainsi d’avoir un aperçu plus global de l’ampleur de la répression policière, judiciaire et politique.
Lire la suite

Poster un commentaire

Classé dans ..., août 2012, avril 2012, blabla, D'Autres, juillet 2012, juin 2012, mai 2012, Manifestation, octobre 2012, septembre 2012

#freefrogsarelovely

Bon.
Si vous lisez ceci vous savez probablement déjà que la plus pure, la plus forte et la plus aimée d’entre nous a été arrêtée hier sous le prétexte fallacieux de "menaces de mort" prétendument proférées à un policier, détenue jusqu’aux petites heures du matin, refusant de partir sans son ifon que les forces du désordre voulaient garder jusqu’à mardi.

Je n’ai pas le temps ici, aujourd’hui, de faire mon interminable exposé des faits, alors pour plus d’infos, voyez l’article d’@EthanCoxMtl sur le sujet : UPDATED: Student strike stalwart and citizen journalist arrested, held for nine hours.

Si j’écris ici c’est que j’ai un message important à faire entendre à tous ceux qui iront, ce soir, 24 août, à la #manifencours en soutien à @frogsarelovely: https://www.facebook.com/events/512637825429333

Vous êtes en colère, vous êtes furieux, vous êtes en tabarnak?

Moi aussi.

Mais quoi que vous fassiez, RESTEZ CALMES.

Parce que si vous pètez une coche, et virez ne fût-ce que modérément violents, vous faites EXACTEMENT CE QUE VEULENT LES MARIONNETTES DU SPVM et les propriétaires des mains qu’ils ont… qui les font bouger, disons.

Ils savent très bien que leurs accusations ridicules de menaces de mort ne tiendront pas la route, mais ça c’est sans importance : d’ici à ce qu’un juge ait – peut-être – assez d’usage de la raison, d’une part, mais surtout de la volonté de s’en servir, pour le reconnaître, les bénéfices de leur action auront largement dépassé les douteuses conséquences d’une accusation éventuellement, peut-être reconnue fausse.

Je perçois deux intentions totalement flagrantes à cette arrestation :

1. Ils ont enfin un moyen réellement menaçant d’empêcher @frogsarelovely d’aller encore et encore, pas tous les soirs mais autant que possible, dans les #manifencours pour manifester, se manifester et, bien plus grave encore, témoigner en direct des frasques quotidiennes du SPVM (vous pensez que les petites manifs de soir sont plates? c’est que vous n’y êtes jamais allé).

Cette interdiction d’aller au centre-ville en même temps que d’autres manifestants n’est pas imaginaire : au contraire elle est déjà active et applicable, étant comprise dans les conditions de remise en liberté négociées tôt ce matin. Comment cela se traduira dans l’avenir, on ne sait pas encore.

Pour l’instant c’est le 2e point qui est plus urgent à partager:

2. Conséquence immédiate et prévisible de cette offense au bon sens, cet abus grossier des pouvoirs de la loi par le SPVM a aussi pour effet désastreux de potentiellement radicaliser des gens qui seraient autrement restés pacifiques.

Des gens qui n’auraient jamais de leur vie osé lever la main ou même juste le ton envers des policiers, quand on bat sous leur yeux une femme d’âge mur qu’ils admirent, peuvent se laisser emporter par l’émotion, perdre le contrôle, et offrir enfin l’occasion qu’attendaient les policiers pour intervenir avec force, sous couvert d’une légitimité frauduleusement perverse.

Que vous vous considériez ou non comme des "vrais rebelles", je ne pense pas que vous ayez envie de faire EXACTEMENT ce que veulent les agents du SPVM.

Alors gardez ceci à l’esprit, ce soir et à l’avenir : ils ont démontré, au-delà de tout doute raisonnable, qu’ils n’ont aucun scrupule à violer leur code de déontologie (particulièrement la section II, article 5) pour susciter des réactions qui leur permettront alors de passer à l’action.

Je me fous complètement que vous puissiez m’accuser de paranoïa à cet égard : vous ne démontrez ce faisant que votre ignorance.

L’usage systématique de la provocation est un fait bien connu des manifestants réguliers, qui ont souvent appris à leurs dépends qu’ils ont intérêt à ne pas répliquer sur le même ton aux policiers qui se moquent d’eux et/ou les provoquent de diverses manières.

Il ne faut RIEN leur donner : même si vous savez, et que tous vos amis ont vu que vous êtes restés raisonnables et n’avez rien à vous reprocher, ils ont toute la latitude qu’ils veulent pour vous arrêter quand même, et vous faire porter de lourdes accusations aux conséquences funestes.

Il vous faut absolument comprendre que la réalité, les faits et la décence pèsent bien peu dans cette guerre d’usure.

Vous ne me croyez pas?

Je l’ai appris, par exemple, le 15 juillet 2012 – #manifencours nocturne 83 : pour un contact insignifiant, un manifestant a été arrêté sous mes yeux et accusé de voies de fait, en totale contradiction avec la description que donne pourtant la loi de cette offense [http://www.spvm.qc.ca/fr/service/1_3_1_2_violphys.asp].

Bon, d’accord, ça oui, dites-vous, mais la présence ou même l’existence d’agents provocateurs, allons, c’est de la fantaisie, du délire…

N’en soyez pas si certains : renseignez-vous, plutôt, avant de projeter vos préconceptions naïves sur une situation dont vous ignorez les détails, je vous prie. Il existe quantité d’exemples qui le prouvent, et c’est un fait reconnu à reculons par les forces du désordre qu’elles ont souvent eu recours à ce procédé pervers et malsain.

Qu’il s’agisse de l’incitation verbale et matérielle à plus de violence de l’infiltrateur de la cellule Germinal avant le sommet des Amériques en 2001, ou des lamentables policiers déguisés à Montebello (vidéo ici ou ici, plusieurs autres sources et articles disponibles), ce n’est pas de la science-fiction mais une pratique connue.

Mais revenons à nos rues de Montréal, avec un exemple plus précis:

Vous voyez cet homme, qui a engagé la conversation avec @frogsarelovely et l’a rapidement insultée, provoquant la colère immédiate de la foule?

C’est certainement un homme libre, un citoyen engagé qui venait exprimer son opinion de la manière la moins constructive et la plus méprisante possible, et pas du tout un collaborateur du SPVM qui tentait, le soir d’une des toutes premières sorties de la fameuse Brigade Urbaine ("la nouvelle police des manifs"), de leur donner l’occasion de se pratiquer un peu : il serait mal avisé de quiconque de lancer cette accusation sans pouvoir le prouver.

Par contre, il est tout de même curieux qu’unanimement, tous les témoins de cet incident l’ont reconnu comme étant précisément le même individu qui avait aussi suscité de vives réactions le 16 mai dernier, à un point tournant crucial de la mobilisation étudiante contre la hausse et citoyenne contre la loi 78, et que l’on peut voir dans le vidéo (00:28 à 00:42) accompagnant cet article:

Loi spéciale: la manif dégénère, la police arrête 122 personnes.
Publié le 16 mai 2012 à 21h15 | Mis à jour le 17 mai 2012 à 09h56.
http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201205/16/01-4525991-loi-speciale-la-manif-degenere-la-police-arrete-122-personnes.php

+merci à @LeCowboy1 pour les liens suivants:

J’ai eu l’occasion d’apprendre, ce soir-là, à quel point cette provocation m’avait enragé. Heureusement, et malgré un deuxième passage de cet étrange personnage un peu plus tard, il n’aura réussi qu’à récolter notre mépris, mais il aurait suffit de bien peu pour que la situation dégénère sérieusement.

J’ai appris la leçon, et quand le lendemain une madame plus que bizarre est passée au parc pour bêtement insulter les gens avant le départ de la manifestation, nous en avons ri, et offert nos sympathies. Et lorsqu’elle a persisté, j’ai pris sur moi de lui donner un peu d’amour qui visiblement lui manque cruellement, et lui ai offert un gros énorme câlin tout douillet, tout gentil, sous les applaudissements des autres manifestants.

Est-ce que vraiment ils seraient aussi bêtes d’avoir envoyé cette dame?

Honnêtement, non, je ne crois pas. Il ne manque pas d’abrutis pour prendre sur eux cette initiative, de toute façon.

Mais le fait est qu’après ce câlin, elle n’a plus eu un seul mot à dire, est repartie sans en demander plus, et à ce que je sache on ne l’a plus jamais revue.

***

J’ai parlé plus tôt de guerre d’usure.

Ce serait trop long à tout documenter ici, mais depuis les élections, et plus particulièrement depuis le soir du 13 août, le SPVM a modifié ses pratiques envers les manifestations nocturnes, durcissant massivement leur attitude, distribuant sans retenue les coups et les constats d’infractions ridicules.

Après le soir du 17, quand c’était la 3e manif de suite où @frogsarelovely s’est fait frapper "par hasard" lors d’interventions ciblant d’autres manifestants, j’ai écrit une lettre à Jacques Duchesneau pour l’avertir de la dérive répressive démentielle du SPVM, et attirer l’attention du public sur la gravité de la situation. La manifestation était terminée, elle avait été pacifique et sans débordements, il n’y avait aucune raison d’employer la force pour se saisir de manifestants calmes et encerclés de toutes parts : ils n’utilisent même plus l’excuse déjà bidon de la "casse" pour foncer dans le tas, et c’est rien de moins que scandaleux.

Puis, le soir même (18 août), le SPVM arrêtait brutalement le brave Jean, un homme admirable de 60 ans qui s’est vu accusé de voie de fait contre un agent, puis imposer des conditions l’empêchant de manifester à nouveau. Pas politique, la police? Il lui est interdit de retourner manifester avant le 4 septembre, un autre bel hasard, tiens.

Je ne pourrais vous décrire ma désolation de voir cet agent, à qui j’avais pris le temps d’écrire une autre longue lettre, après qu’il m’ait demandé pourquoi nous étions si persistants à revenir tous les soirs dans la rue, de le voir tordre le cou et plaquer au sol cet homme infiniment plus noble et courageux que lui.

Alors voilà, en gros.

Pensez-en ce que vous voulez, mais je vous le dis : le SPVM savent très bien qu’ils ne gagneront pas leur procès en cour pour cette accusation abusive.

Mais si, en attendant, ils peuvent empêcher @frogsarelovely d’aller manifester/twitter, à défaut d’avoir réussi à lui casser une jambe ou un bras l’autre soir, ce sera déjà ça de gagné pour eux.

Et si, par dessus ça, des hordes de barbares débarquent ce soir à la manif en soutien, l’écume aux lèvres et le couteau entre les dents, un autre de leurs voeux les plus chers sera réalisé et ils pourront joyeusement tester les forces de la Brigade Urbaine, tout en réalisant, finalement, de justesse, in extremis, la prophétie annoncée de "la rue" débordant soudainement de "chaos, violence, intimidation, bla, bla, bla…"

Soyez plus forts qu’eux, camarades.

Préservez cette supériorité morale qui est vôtre, qui est nôtre face à la bêtise et la cruauté d’un service de police instrumentalisé pour étouffer une lutte sociale et politique, qui dépasse largement tous les enjeux que le grand cirque électoral ne trouve même pas dignes de mention. En plus, qu’on se le dise, ce n’est pas comme si c’était particulièrement difficile : comme vous voyez la barre n’est vraiment pas très haute (certains diraient même qu’elle est rendue assez loin sous terre, peut-être plongée dans la crasse des égoûts).
Le SPVM a montré depuis longtemps qu’ils craignent @frogsarelovely.

Ils ont raison d’avoir peur d’elle, car elle est bruyante, et forte, et fière, et aimée, et pire que tout ça parce qu’elle a raison.

À trop vouloir en faire une victime, ils n’auront qu’aidé à construire la légende… Et surtout, en s’attaquant aussi bassement, aussi mesquinement à elle, ils ont démontré qu’ils ont malgré tout sous-estimé l’étendue de ses pouvoirs : le vôtre.

Elle est la voix d’un peuple qui n’attend plus en vain qu’un sauveur imaginaire vienne régler tous ses problèmes.

Elle est une voix parmi des milliers d’autres de la majorité furieuse. Vous aussi.

Alors ce soir, en soutien à @frogsarelovely, j’attends de vous que vous vous comportiez dignement, et lui fassiez honneur.

S’il se trouve des incitateurs un peu trop emportés parmi vous, prenez-les à part et expliquez leur gentiment que leur colère mal dirigée ne servira que les forces qu’ils prétendent combattre, et qu’ils ne sont les bienvenus avec vous que s’ils peuvent se tenir.

Debouts, certes en colère, mais avec une dignité que nos adversaires ont perdu à jamais.

3 Commentaires

Classé dans ..., août 2012, avril 2012, blabla, D'Autres, juillet 2012, juin 2012, mai 2012, Manifestation

a/s M. Duchesneau

Bonjour, M. Duchesneau.

Vous devez être très occupé, ces jours-ci, je vais essayer d’être bref.

Je m’adresse à vous à cause de votre grande expérience au SPVM. Vous, qui avez notamment contribué à mettre sur pied la police de quartier, devez savoir ce qui se passe. Vous ne me connaissez pas, à moins que n’ayez la mémoire assez fine pour vous rappeler d’un gamin habitant en face de chez vous, dans les années 80, mais c’est sans importance. Je n’attends pas de réponse de votre part, je veux seulement vous passer un message.

Je ne vous demanderai certainement pas non plus de condamner ces agents, leur violence et leur intimidation, je ne vous demanderais même pas de commenter publiquement, ou de mener votre campagne autrement que comme vous l’entendez.

Je vous supplie seulement de savoir.

De savoir que jour après jour, des citoyens comme moi qui ont confiance que les agents du SPVM ne sont pas tous et toutes des brutes épaisses qui n’interagissent qu’à coups de matraques se font brutalement contredire par ceux-là mêmes qui prétendent les protéger.

Je ne vous parle pas de la belle grosse violence-spectacle des grandes manifestations, même si celle-ci mériterait bien plus d’attention qu’elle n’en reçoit. Si vous voulez vous renseigner de ce côté, je vous suggère:

Couverture médiatique du phénomène de la violence [texte de MoniqueHamel]

Lettre ouverte aux policiers, de la part d’un ancien confrère à la retraite (René Forget)

L’ex-policier René Forget remet en question le policier interviewé par le Journal de Montréal

J’ai le regret de devoir vous parler de la petite violence quotidienne, plus sournoise et plus cruelle.

Je vous écris aujourd’hui car j’ai vécu, hier soir, un épisode rien de moins que traumatisant.

Un incident, pas du tout isolé, où les émeutiers en uniforme ont profité de leur pouvoir d’agir comme des footballeurs dopés pour effrayer, frapper et blesser des manifestants totalement pacifiques.

Tout le long de l’été, au cours de ces petites manifestations sans intérêt pour les médias, le SPVM et les manifestants se sont apprivoisés, ont appris à se gérer mutuellement. Pas toujours pour le mieux, mais en général pas si mal non plus.

Mais depuis peu ce crucial restant de courtoisie, de compréhension dont faisait régulièrement preuve le SPVM, malgré de nombreux autres incidents où ils démontraient à quel point ils se soucient du code de déontologie des policiers du Québec, semble être un lointain souvenir.

Tant qu’on les taxait d’insignifiantes, ces manifestations étaient tolérées. Est-ce parce qu’elles contredisent le discours consensuel d’unanimité sur l’élection comme panacée à tous nos problèmes, qu’elles dérangent tant qu’il faut les écraser par la force, à coups dans le dos de bottes et de vélos?

Désolé, je m’emporte.

Mais je tiens à vous faire comprendre qu’il ne s’agit pas ici de répression envers une jeunesse colérique et incontrôlée, quand elle commet ou non des actes criminels.

Ce qui est arrivé hier, et plusieurs autres fois avant, c’est l’usage de la force brute pour réprimer, démoraliser, menacer, attaquer et blesser des citoyens certes en colère, mais responsables et respectueux.

Toute ma vie, je porterai la blessure d’avoir été témoin impuissant de ces cerbères sans coeur, qui ont renversé, écrasé, et frappé une femme admirable, incroyablement courageuse, infiniment généreuse, et qui a, M. Duchesneau, au moins votre âge, sinon plus encore. Très influente et suivie sur twitter, j’ai eu la chance et l’honneur d’apprendre à la connaître un peu, et même en essayant je n’arriverais pas à exagérer en accumulant les éloges à son égard.

Je veux bien croire qu’elle dérange, car elle est forte, et libre, et sans peur. Mais elle ne mérite pas d’être sciemment frappée à trois reprises consécutives par des agents qui la connaissent très bien, et ne manquent jamais une occasion de lui rappeler, en se moquant d’elle par son prénom, la menaçant d’arrestation, lui ordonnant d’aller se coucher ou je ne sais quelle autre manque flagrant de respect venant de ces grands gamins qui mériteraient bien une fessée.

Désolé si je vous semble peu respectueux moi-même, M. Duchesneau, mais je suis sincèrement dégoûté.

Je ne suis pas de ceux qui méprisent et injurient la police en bloc, bien au contraire. Je sais que leur tâche est incroyablement difficile, ingrate, et exigeante, mais comme je sais aussi qu’ils en sont capables, je préfère en général les appeler à reproduire et dépasser ce qu’ils font de mieux que de m’éterniser sur leurs pires défauts.

Mais cet espoir, de plus en plus ébranlé, est en piteux état aujourd’hui.

Comment espérer que les bonnes têtes au SPVM puissent faire leur travail quand les vrais faucons donnent les ordres?

Comment espérer qu’une ènième plainte en déontologie serve à quoi que ce soit, sinon prolonger un petit jeu de marionnettes, mise-en-scène pour consciences tranquilles?

Je sais, vous n’êtes pas magique, M. Duchesneau. J’aurai déjà beaucoup de chance si vous me lisez, alors comme je vous le disais plus haut, je n’espère rien de vous en particulier.

Si par contre vous le voulez bien, j’aimerais beaucoup que vous m’aidiez à retrouver une certaine estime pour ces sinistres créatures, enfouies bien loin sous leur uniforme. Ces petits êtres fragiles, beaucoup trop fragiles sous leur coquille blindée, ont visiblement besoin d’aide.

Ils sont devenus dangereux pour les citoyens, adultes, enfants et aînés, et ce faisant pour eux-mêmes, à un point dont ils ne semblent pas conscients.

L’heure est grave. Très grave.

À défaut de pouvoir réellement y faire quelque chose, vous m’avez semblé, bien plus que M. Poëti, à qui j’aurais peut-être aussi pu m’adresser, quelqu’un qui voudrait en être averti.

J’espère que vous avez encore assez de coeur, d’honneur et de respect pour vos anciens collègues pour vous soucier de ce qu’ils font à vos semblables, loin des caméras et de leur propres règlements (section II, article 5), et vous inquiéter de l’étendue sans cesse grandissante de leurs dégâts.

Si, plus cyniquement, vous voudriez récupérer cet appel à l’aide à des vues électorales, je m’en réjouis et vous encourage complètement à le faire : j’aurais tendance à suggérer un bureau/comité/ombudsman avec de vrais pouvoirs, totalement indépendant de tout corps policier, qui aurait pour tâche, en premier lieu, de recueillir les nombreux témoignages/documents de brutalité policière de ces derniers mois pour mettre sur pied une approche juste, rationnelle, mais surtout efficace de traduction en justice des abus injustifiables et des dérives purement politiques.

À court terme, cela pourrait aider quelques agents exténués par leurs charges énormes à garder leur calme, et à long terme, je me permets d’espérer que cela pourrait contribuer à redonner confiance aux citoyens que les policiers ne sont pas que de serviles chiens-de-gardes appliquant sans discernement les lois iniques d’un gouvernement illégitime.

Bien sûr, ce n’est là qu’une humble suggestion, qu’il y aurait certainement lieu d’améliorer.

Merci beaucoup de votre temps et de votre attention, respectueusement,

Marco Simonsen-Séréda

Un commentaire

Classé dans ..., août 2012, avril 2012, blabla, D'Autres, juillet 2012, juin 2012, mai 2012

Lendemain de grève [par Hors-d'Øeuvre]

*à voir absolument, pour qui s’intéresse de près à la question de la grève étudiante et le changement de dynamique qu’amènent les élections : le vidéo Lendemain de grève par le collectif , qui avait frappé les esprits festifs avec leurs mannequins pendus de la #manifencours du 22 juillet dernier, à Montréal.

Ça fait tellement de bien, dans ce Québec où d’incroyablement mauvais acteurs comme Martineau ou Duhaime peuvent passer pour des "intellectuels", de voir et d’entendre un discours aussi intelligent, aussi fort, aussi assumé.

Ceci dit, je crains qu’après une première écoute, je ne suis toujours pas du tout convaincu par le simple rejet du vote… et je redoute que cette charge serve, plus qu’autre chose, à rassurer la bonne conscience de pseudo-révoltés qui s’imaginent que leur silence a une quelconque importance dans cette sinistre farce.

Bien sûr que ces élections sont un piège, mais que la frange plus radicale et plus mobilisée s’abstienne simplement de voter, unissant ainsi sa voix à tous les moutons désinformés qui ne votent simplement pas et cautionnent sans mot dire le statu quo, je ne vois vraiment pas en quoi c’est supposé envoyer un message quelconque.

Vraiment?
QuébecSolidaire, OptionNationale, c’est encore trop establishment pour vous?

Ça vous salirait tant que ça de prendre quelques secondes pour aller voter pour eux, ou tout autre parti marginal, en plus évidemment de poursuivre la lutte sur de multiples "vrais" fronts?

J’en ai peut-être manqué un bout (ça mérite amplement d’être revu, de toute façon), mais à part pas voter, qu’est-ce que vous me suggérez, au juste?

Que les élections soient pourries, que l’appel aveugle et automatique à se faire violence en votant "stratégique", tactique simplette de peur et d’intimidation ne soit pas moins ignoble et grotesque que les conneries habituelles du Charrieur en chef, ça, oui, on est d’accord.

Qu’en deçà même de tout cela, vous nous ayez brillamment alerté sur le réel danger d’une récupération/banalisation de ce mouvement social sans précédent au Québec, je vous félicite et vous en remercie sincèrement.

N’en déplaise aux âmes "sensibles" apeurées par de simples mannequins, aux automates superficiels pour qui le vote réglera tout, et aux imbéciles impatients qui n’ont même pas 25 minutes à investir pour vous écouter (mais qui prennent le temps de se plaindre que c’est trop long, soupir…), j’applaudis vos actions/discours qui, bien plus que simples provocations, sont source de critiques constructives, de saines réflexions, de remises en question et débats d’autant plus nécessaires que l’espace médiatique en est scandaleusement dépourvu.

Mais vraiment, j’aimerais bien comprendre comment l’abstention de cette cruciale minorité assez éclairée pour voir que "tout ne va pas pour le mieux dans la meilleure des provinces", et n’irait pas mieux sous le règne de Pauline, en l’absence d’autres tactiques, pourrait servir autre chose que l’Anticosti de statu quo dont "on a notre maudit tabarnaque de cinciboires de cincrèmes de jériboires d’hosties toastées de sacraments d’étoles de crucifix de calvaires de couleuré d’ardent voyage [Godin]"…

***

Lendemain de grève [par ]: une analyse critique de la grève étudiante québécoise en cours et des élections déclenchées pour la briser.

Une analyse critique de la grève étudiante québécoise en cours et des élections déclenchées pour la briser.
Page permanente: hors-doeuvre.org/objet/enquetes/lendemain-de-greve
Texte narré: hors-doeuvre.org/objet/enquetes/lendemain-de-greve-texte
An English (subtitled) version is in the works.

***

Poster un commentaire

Classé dans ..., août 2012, avril 2012, blabla, D'Autres, juillet 2012, juin 2012, mai 2012

Nous Autres!

à voir : les vidéos présentés par le magazine web Nous Autres:

***

Le Printemps québécois: Quand le peuple s’éveille…

Réalisation, caméra et montage: MARIO JEAN, pour MADOC et Nous Autres.
facebook.com/madocstudio facebook.com/nousautresmag

Arrangements et production musicale: JAHANZAIB MIRZA

« Sans la nommer » de Georges Moustaki.

Interprétation et chef de chœur: SAGE facebook.com/sageslam

Basse: YAN ABUD
Banjo, guitare, mandoline: DINO CHAUVETTE
Accordéon, wurlitzer: SÉBASTIEN DAUDELIN
Flûte traversière: ISABELLE LANDRY
Wurlitzer: FRANCIS LAVALLÉE
Claviers, guitares, percussions: JAHANZAIB MIRZA

Le Printemps québécois.
3 mois de mouvement social.
La beauté d’un peuple qui s’éveille.

Toutes les images ont été filmées par Mario Jean, dans plus de 40 manifestations, entre le 22 mars et le 22 juin 2012.

LE PRINTEMPS QUÉBÉCOIS est un rêve qui porte des rêves, une porte d’entrée par laquelle nous franchissons l’émotion puissante qui a accompagné toute la jeunesse québécoise, tous les marcheurs, les questionneurs, les fatigués des mensonges politiques et les inventifs qui dansent au lieu d’ânonner les chants néolibéraux gris, agressifs et tristes. Il faut d’abord se lever pour apprendre à danser et ce printemps 2012, au Québec, une grande partie de la population s’est levée, n’a pas cessé d’arpenter les rues, de crier sa colère, d’aimer l’avenir qu’elle projetait sur tous les écrans de ses propres souhaits politiques. Ballet de la solidarité publique, héros anonymes des foules constituées par le ras-le-bol du présent, LE PRINTEMPS QUÉBÉCOIS parle à tous les êtres humains, chante l’élégance d’une révolution créative, pacifique et intelligente.

Portrait grandiose d’événements historiques, cette vidéo dépeint l’exacte sensation ressentie au plexus par tous les manifestants et les militants étudiants durant ces mois d’impasses, de brutalité policière et de manipulation politique. Chacun d’entre nous a un souvenir impérissable de cette solidarité plus belle que l’espoir, plus ferme que tout programme électoral. Ce qui nous donne parfois envie de pleurer, ce qui nous donne envie de vivre sans baisser la tête, ce qui nous a fait crier notre désarroi et embrasser la cause, tout y est, tout est là, tout s’enlace le réalisateur ayant pris soin de transformer sa caméra en une main valsante qui tendrement, patiemment, glisse, plonge et recueille avec la sûreté d’un père, cet enfant de tous, cette merveilleuse naissance visionnaire, notre bel enfant québécois du printemps érable.

Bertrand Laverdure

Le Printemps québécois, en photo: madocstudio.com/photographie/projets-personnels/printemps-quebecois/

madocstudio.com
printempsquebecois.com
MADOC Facebook
MADOC Twitter

***

7 jours de grève… la belle vie!

La 6e semaine de la GGI, du lundi 26 mars au dimanche 1er avril 2012

7 JOURS DE GRÈVE… LA BELLE VIE !
ANNE BÉRUBÉ ET ÉRIC ROBERTSON

Nous sommes le 26 mars 2012.

Ce matin, la CLASSE annonce le début d’une semaine de perturbation économique. Quelques jours après la manifestation monstre du 22 mars, la grève étudiante ne fait que commencer, bien qu’elle soit déjà la plus longue de l’histoire du mouvement étudiant québécois.

« 7 jours de grève » documente les manifestations, actions créatives et autres coup d’éclats — plus de 140 — qui ont eu lieu pendant cette semaine. 7 jours d’une grève historique, démontrant toute la créativité, le courage et la détermination d’un mouvement que plusieurs chroniqueurs et journalistes s’empressaient déjà de déclarer insignifiant, mort et enterré.

7 jours d’espoir, d’engagement, de souvenirs indélébiles.
7 jours de mépris, de violence, de mensonges.
7 jours d’ouverture des uns, de fermeture des autres.

Conceptualisée en urgence au milieu de cette semaine déterminante, cette vidéo fut réalisée au cours des quatre mois qui ont suivi. Elle vise à immortaliser ces moments du Printemps Érable avant la loi spéciale, les manifestations nocturnes, les casseroles et les arrestations de masse.

7 jours de grève… la belle vie!

Durée: 16m 18s
Réalisation/montage: Éric Robertson, Bérénice Steevenson
Recension des actions/manifs: Bérénice Steevenson
Liste/Générique: Mlle Chèvre
Photos/Générique: Sylvie Béland, Maille à part, La Boîte Rouge
« Chant contre la hausse » écrit et interprété par Miriam Galarneau

Une création 99% Québec [] pour Nous Autres.

***

Nous Autres.org

Nous Autres. Informations: info@nousautres.org

Nous Autres Twitter / Nous Autres Facebook

Un commentaire

Classé dans ..., août 2012, avril 2012, blabla, D'Autres, juillet 2012, juin 2012, mai 2012