a/s M. Duchesneau

Bonjour, M. Duchesneau.

Vous devez être très occupé, ces jours-ci, je vais essayer d’être bref.

Je m’adresse à vous à cause de votre grande expérience au SPVM. Vous, qui avez notamment contribué à mettre sur pied la police de quartier, devez savoir ce qui se passe. Vous ne me connaissez pas, à moins que n’ayez la mémoire assez fine pour vous rappeler d’un gamin habitant en face de chez vous, dans les années 80, mais c’est sans importance. Je n’attends pas de réponse de votre part, je veux seulement vous passer un message.

Je ne vous demanderai certainement pas non plus de condamner ces agents, leur violence et leur intimidation, je ne vous demanderais même pas de commenter publiquement, ou de mener votre campagne autrement que comme vous l’entendez.

Je vous supplie seulement de savoir.

De savoir que jour après jour, des citoyens comme moi qui ont confiance que les agents du SPVM ne sont pas tous et toutes des brutes épaisses qui n’interagissent qu’à coups de matraques se font brutalement contredire par ceux-là mêmes qui prétendent les protéger.

Je ne vous parle pas de la belle grosse violence-spectacle des grandes manifestations, même si celle-ci mériterait bien plus d’attention qu’elle n’en reçoit. Si vous voulez vous renseigner de ce côté, je vous suggère:

Couverture médiatique du phénomène de la violence [texte de MoniqueHamel]

Lettre ouverte aux policiers, de la part d’un ancien confrère à la retraite (René Forget)

L’ex-policier René Forget remet en question le policier interviewé par le Journal de Montréal

J’ai le regret de devoir vous parler de la petite violence quotidienne, plus sournoise et plus cruelle.

Je vous écris aujourd’hui car j’ai vécu, hier soir, un épisode rien de moins que traumatisant.

Un incident, pas du tout isolé, où les émeutiers en uniforme ont profité de leur pouvoir d’agir comme des footballeurs dopés pour effrayer, frapper et blesser des manifestants totalement pacifiques.

Tout le long de l’été, au cours de ces petites manifestations sans intérêt pour les médias, le SPVM et les manifestants se sont apprivoisés, ont appris à se gérer mutuellement. Pas toujours pour le mieux, mais en général pas si mal non plus.

Mais depuis peu ce crucial restant de courtoisie, de compréhension dont faisait régulièrement preuve le SPVM, malgré de nombreux autres incidents où ils démontraient à quel point ils se soucient du code de déontologie des policiers du Québec, semble être un lointain souvenir.

Tant qu’on les taxait d’insignifiantes, ces manifestations étaient tolérées. Est-ce parce qu’elles contredisent le discours consensuel d’unanimité sur l’élection comme panacée à tous nos problèmes, qu’elles dérangent tant qu’il faut les écraser par la force, à coups dans le dos de bottes et de vélos?

Désolé, je m’emporte.

Mais je tiens à vous faire comprendre qu’il ne s’agit pas ici de répression envers une jeunesse colérique et incontrôlée, quand elle commet ou non des actes criminels.

Ce qui est arrivé hier, et plusieurs autres fois avant, c’est l’usage de la force brute pour réprimer, démoraliser, menacer, attaquer et blesser des citoyens certes en colère, mais responsables et respectueux.

Toute ma vie, je porterai la blessure d’avoir été témoin impuissant de ces cerbères sans coeur, qui ont renversé, écrasé, et frappé une femme admirable, incroyablement courageuse, infiniment généreuse, et qui a, M. Duchesneau, au moins votre âge, sinon plus encore. Très influente et suivie sur twitter, j’ai eu la chance et l’honneur d’apprendre à la connaître un peu, et même en essayant je n’arriverais pas à exagérer en accumulant les éloges à son égard.

Je veux bien croire qu’elle dérange, car elle est forte, et libre, et sans peur. Mais elle ne mérite pas d’être sciemment frappée à trois reprises consécutives par des agents qui la connaissent très bien, et ne manquent jamais une occasion de lui rappeler, en se moquant d’elle par son prénom, la menaçant d’arrestation, lui ordonnant d’aller se coucher ou je ne sais quelle autre manque flagrant de respect venant de ces grands gamins qui mériteraient bien une fessée.

Désolé si je vous semble peu respectueux moi-même, M. Duchesneau, mais je suis sincèrement dégoûté.

Je ne suis pas de ceux qui méprisent et injurient la police en bloc, bien au contraire. Je sais que leur tâche est incroyablement difficile, ingrate, et exigeante, mais comme je sais aussi qu’ils en sont capables, je préfère en général les appeler à reproduire et dépasser ce qu’ils font de mieux que de m’éterniser sur leurs pires défauts.

Mais cet espoir, de plus en plus ébranlé, est en piteux état aujourd’hui.

Comment espérer que les bonnes têtes au SPVM puissent faire leur travail quand les vrais faucons donnent les ordres?

Comment espérer qu’une ènième plainte en déontologie serve à quoi que ce soit, sinon prolonger un petit jeu de marionnettes, mise-en-scène pour consciences tranquilles?

Je sais, vous n’êtes pas magique, M. Duchesneau. J’aurai déjà beaucoup de chance si vous me lisez, alors comme je vous le disais plus haut, je n’espère rien de vous en particulier.

Si par contre vous le voulez bien, j’aimerais beaucoup que vous m’aidiez à retrouver une certaine estime pour ces sinistres créatures, enfouies bien loin sous leur uniforme. Ces petits êtres fragiles, beaucoup trop fragiles sous leur coquille blindée, ont visiblement besoin d’aide.

Ils sont devenus dangereux pour les citoyens, adultes, enfants et aînés, et ce faisant pour eux-mêmes, à un point dont ils ne semblent pas conscients.

L’heure est grave. Très grave.

À défaut de pouvoir réellement y faire quelque chose, vous m’avez semblé, bien plus que M. Poëti, à qui j’aurais peut-être aussi pu m’adresser, quelqu’un qui voudrait en être averti.

J’espère que vous avez encore assez de coeur, d’honneur et de respect pour vos anciens collègues pour vous soucier de ce qu’ils font à vos semblables, loin des caméras et de leur propres règlements (section II, article 5), et vous inquiéter de l’étendue sans cesse grandissante de leurs dégâts.

Si, plus cyniquement, vous voudriez récupérer cet appel à l’aide à des vues électorales, je m’en réjouis et vous encourage complètement à le faire : j’aurais tendance à suggérer un bureau/comité/ombudsman avec de vrais pouvoirs, totalement indépendant de tout corps policier, qui aurait pour tâche, en premier lieu, de recueillir les nombreux témoignages/documents de brutalité policière de ces derniers mois pour mettre sur pied une approche juste, rationnelle, mais surtout efficace de traduction en justice des abus injustifiables et des dérives purement politiques.

À court terme, cela pourrait aider quelques agents exténués par leurs charges énormes à garder leur calme, et à long terme, je me permets d’espérer que cela pourrait contribuer à redonner confiance aux citoyens que les policiers ne sont pas que de serviles chiens-de-gardes appliquant sans discernement les lois iniques d’un gouvernement illégitime.

Bien sûr, ce n’est là qu’une humble suggestion, qu’il y aurait certainement lieu d’améliorer.

Merci beaucoup de votre temps et de votre attention, respectueusement,

Marco Simonsen-Séréda

Une réflexion sur “a/s M. Duchesneau

  1. Belle démonstration de positivisme, mais malheureusement lorsqu’il sera au pouvoir, Duchesneau, ce sera pire et beaucoup plus agressant et servile. Toutes ces personnes qui ont acquises des privilèges via le pouvoir, qu’il soit national, provincial, régional, local, travaillent de concert à la mise en place de la nouvelle gouvernance mondiale, consciemment ou inconsciemment, le « new world governance » gouvernance d’entreprise en français, et dans cette nouvelle ère qui s’amorce la négociation n’a plus sa place (déjà depuis un bon moment et mérite en ce moment même ses lettres de noblesse pour avoir ne serait-ce qu’un instant existé) et je dirais même plus, le NWG s’est mis en place subtilement à notre insu, par la manoeuvre de l’agression du petit groupe à la fois et le fut grâce à l’individualisme exacerbée par l’illusion parfaite de la liberté largement diffuser en Occident par les propagateurs à leur disposition (presse,télé,laïcité,consommation, crédit et la DETTE) et sous différentes formes, ce QUI ENGENDRA la plus vaste opération vers l’esclavage du nouveau SERF. C’est maintenant à la vitesse GV que son établissement est imposé par la plus grande fraude jamais égalé: la mise en place du nouveau système monétaire via le plus grand crash.
    L’état des Banques et des Gouvernements actuels en sont le plus BEL EXEMPLE instituant sa notoriété afin de créer le plus grand chaos que l’univers aura connu jusqu’à date car CHAOS nécessite une plus grande RÉPRESSION sous le stratège de la PROTECTION simulée.
    Le stratège du néo-libéralisme est le miroitement de la grandeur des bénéfices que seuls atteignent les corporations, seule dictature des nouvelles lois et règlements déjà en cours d’instauration. Gare aux opposants de ce nouvel ordre.
    L’imposition de toutes ces mesures se font de gré ou de force et ceux qui s’opposeront à son avènement vivront dans la terreur et la violence. Initié par ceux-ci qui professent par le mensonge et la tromperie afin de s’arroger une parcelle dintérêt$ que l’oligarchie leur permet de se prévaloir. Ce nouvel Ordre sévit partout dans le monde Occidental, et le Québec n’en est pas exempté.
    Le NWG s’est infiltré sous une forme abusive de la corruption des individus sans vergogne, avide et imbus de réussite sociale ET dont les rangs supérieurs abjectes font fi de toute sensiblerie.
    Jusqu’à la dernière heure, il y en aura beaucoup pour déformer la réalité, sous toutes ses formes, et les croyances naïves aveuglées seront les seules coupables de son avènement, car IL est brillant….
    Néo-libéralisme = CAQ. PQ, PLQ n’en douter point.
    souhaitons-nous bonne chance pour l’an qui commence le 5 septembre 2012.

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