IdleNoMore 2013/01/07 https://www.facebook.com/photo.php?fbid=131216710374842&set=a.120628168100363.25322.117610195068827&type=1&theater

#IdleNoMore : enfin il se passe quelque chose de sérieux au Canada.

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C’est vrai que ça manque de québécois là-dedans.
Désolé, tout le monde, mais va falloir venir à bout de comprendre que notre beau ti Printemps Érable aux fruits invisibles, ça aura plutôt été une répétition générale qu’autre chose.

Certes, ici s’est clôs le règne d’une triste et vieille marionette, usée par tous les orifices et qui ne faisait plus rire personne, mais la dame et les pions qui ont pris sa place jouent le même jeu, ils ne sont certainement pas là pour remettre en question l’échiquier sous leurs pieds.

Et pendant que ça se déplace et que ça joue sur cet insignifiant échiquier, et que trop de québécolons ne regardent pas plus loin que le bout de la table, ou la pièce, à la limite, ils oublient que la maison ne leur appartient plus depuis longtemps. Et s’ils ne sont pas déjà en colère, c’est qu’ils ne sont pas au courant que le terrain sur lequel est bâti la maison est aussi à vendre.

Un arsenal de lois est somme toute déjà prêt à combattre la grogne populaire.

Vous avez cogné de la casserole en célébrant la victoire du peuple contre l’infâme loi 78?

De un, les dispositions transformant les universités en zones militarisées ont bel et bien été appliquées.
De deux, il y a le cas PLQ/Morasse vs CLASSE/Nadeau-Dubois.
Mais autrement, la loi78 n’aura servi que d’épouvantail, pour vous faire peur.

Le SPVM a largement démontré par sa grande créativité qu’il n’avait pas du tout besoin de cette étrange farce législative pour appliquer la répression des manifestations.
Que l’épouvantail soit habillé d’un costume neuf ou jeté aux oubliettes, c’est sans importance.

Les règlements municipaux offrent toute une gamme d’aberrantes infractions qui peuvent surgir à tout moment des doigts de fées magiques des agents, et compliquer d’autant la vie des heureux élus qui ont droit à d’étranges et coûteux poèmes.
C’est aussi pas mal moins glamour pour les citoyens ordinaires d’essayer de convaincre un juge (qui n’est là que pour appliquer une jurisprudence qui se moque du contexte de l’infraction présumée) que leur constat ridicule est effectivement un acte politique, étant un flagrant détournement de règlements municipaux subitement et arbitrairement appliqués.

Bref, tout ça est encore là et prêt-à-servir si jamais ça redevenait la chose à faire en masse que de prendre la rue ici, mais avec plein d’autres couches de lois fédérales par-dessus, maintenant.

Alors Awaye Québec, continue comme çô à célébrer le retour du hockey en te félicitant de ta participation à une lutte reportée travestie en grand moment des minutes du patrimoine local, tout en te kâlissant de tes frères qui entâment un combat autrement sérieux.
Tu pourrais aussi avoir le goût d’appuyer les efforts des Premières Nations contre le douteux régime Harper maintenant, ou te retrouver plus tard avec les mêmes combats à mener contre les nouveaux propriétaires, vraisemblablement corporatifs : bien plus d’impunité qu’un gouvernement, et en plus sans les coûts d’entretien de la mascarade démocratique (mascaradémocratie?)…

Bon, scusez mais faut le dire, être un indépendantiste québécois et ignorer #IdleNoMore, c’est être un imbécile.

C’est quoi, au juste, l’indépendance que vous voulez?
La fierté d’un morceau de tissu devenu drapeau, avec les mêmes patrons avec les mêmes mains sur les mêmes vieux volants des mêmes vieilles de kâlisses de machines?
Ou l’indépendance de vivre enfin avec le sentiment d’un peu de liberté, de pouvoir et de responsabilité dans votre vie de quartier, de communauté?

Vous voulez devenir un beau pays libre et fier comme Haïti, le Libéria, le Turkménistan ou la Micronésie?
Ou ça vous tente d’essayer de faire comme l’Islande et vous débarrasser en peu de temps et en même temps des politiciens corrompus, de la dette/fraude qu’ils perpétuent, des banquiers criminels et des lois désuètes qui les laissent continuer?

L’indépendance venue d’en haut, ça se peut juste pas, ok?

Regardez, vous le voyez bien que la reine est toujours sur vos 20 piasses, et qu’elle n’a certainement pas l’air d’avoir l’intention de s’en aller. La créature d’apparence vaguement humaine qui joue le rôle du visible commandeur suprême Canadien non plus.
Et tant qu’il n’y aura que des crapules corporatistes pour jouer le rôle de leurs adversaires, il ne faudrait surtout pas aller leur donner les clés d’un nouveau royaume/chèque en blanc.

Et puis tiens, c’est drôle, si on laisse faire un peu les fantasmes obsolètes d’état-nation, pour revenir aux choses sérieuses, comme redonner au peuple des institutions dignes de lui, c’est plein d’écueils qui disparaissent…

Un des plus cruciaux ici étant la trop utile division de la langue et des communautés.
Tant que des abrutis mesquins pollueront les tribunes avec de vaines hargnes réciproques, le statu quo sera préservé : les monofrancophones cons, vaincus d’être terrifiés de s’oublier, continueront leurs lois bancales et leurs propos racistes qui trouvent presque le moyen d’aller donner raison à ceux qui les craignent.
Certainement pas au point où les plus « réveillés » des rectanglophones auraient raison de prendre les armes pour s’en assurer, mais assez pour que les indépendantistes non-psychopathes aient bien du chemin à faire pour convaincre leurs semblables tout aussi peu psychopathes du bien-fondé de leurs démarches…

Tout ça pour dire que si votre indépendance ça se tricote juste avec de la pure laine, vos ennemis n’ont pas tort de vous souligner que ça sent le moisi, et j’en veux crissement pas moi non plus.

Mais même si vous êtes pas méchants et sincèrement désolés de voir aller certains de vos cons patriotes, faut comprendre, ça se fera juste pas d’en haut et ça se fera certainement pas contre, rien à faire, oubliez ça.

Ben oui que l’indépendance du Québec est souhaitable, mais objectivement, pas tellement plus que l’indépendance du Manitoba, de l’Alberta, dans le fond : come on, c’est des provinces devenues pays, qu’on veut libérer, ou le monde qui y habitent?
On veut décentraliser la Grande Corpornation Canadienne pour en faire plein de petites succursales, de petites bouchées toutes prêtes pour les vautours, ou on veut en finir avec l’arnaque?

Parce que les définitions d’indépendance, de souveraineté, de province, de pays, de pureté de laine et de territoire, il y a comme des Premières Nations ici qui aimeraient ça elles aussi avoir enfin leur mot à dire dans tout ça.

Et si on leur laisse la chance, c’est eux qui sont les mieux placés pour enfin mettre un terme à des décennies de vains débats sur les termes précis d’une fiction : on-a-tu l’air cave, un peu, de s’être obstinés avec un gouvernement faussaire?
Autant le grand mythe d’un gouvernement fédéral Canadien que la couronne propriétaire, tout ce temps, n’étaient simplement pas les interlocuteurs appropriés…

L’indépendance du Québec, si c’est une question de demander la permission, c’est aux Premières Nations qu’il faut la demander.

C’est avec eux qu’il faut la faire, et j’ai bien l’impression que c’est juste avec eux qu’elle peut se faire.

Quand des citoyens se font expulser d’un parc ou d’une banque qu’ils essayaient d’occuper, ils ont l’apparence de la loi contre eux, ainsi que toutes les ressources des forces de l’ordre, pour le maintenir à tout prix.
Les règles du jeu sont sévères, et c’en est presque trop facile de dire qu’Occupy « c’était n’importe quoi hey ils ne savent même pas trop ce qu’ils veulent au juste »…

Mais si ces inoffensifs activistes ont pu faire aussi peur à ce système qui se sait injuste et condamné, imaginez un peu la saine terreur que peuvent susciter les Premières Nations qui tentent de rappeller enfin à la présente nation Canadienne ses obligations et les trahisons multiples et répétées de traités officiels… c’est un tout autre jeu qui s’annonce.
Que vous le vouliez ou non, que vous le réalisiez ou pas, ce jeu est déjà commencé.

De grâce, ne vous contentez pas de regarder la joute.

Ne laissez pas la médiacrité totalitaire réduire leur lutte à des niaiseries, ne laissez pas masquer leurs richesses et leurs forces sous les délires de leurs ennemis.

Ne tolérez pas qu’on réduise #IdleNoMore à une insurrection autochtone comme on a laissé le Printemps Érable être réduit à un simple « conflit étudiant », comme on a laissé un mouvement social aussi fort n’être que le thème d’une banale campagne électorale.

Ah, vous trouvez que leurs représentants sont probablement corrompus et vous doutez de leur bonne foi?
Mais bien sûr qu’ils sont comme les nôtres, tel chef de bande à la comptabilité douteuse n’a rien à envier à la crème de nos maires démissionnaires.
Mais ce ne sont pas les chefs de bandes qui ont parti #IdleNoMore, ce ne sont pas eux qui l’ont fait devenir le mouvement international que c’est déjà, et ce ne sont pas eux qui l’arrêteront, mêmes si certains seraient assez mal avisés pour essayer de le faire.

Et n’en déplaise aux héros de ces soudaines apparitions de « journalisme d’enquête », les modalités précises de la grève de la faim de @ChiefTheresa ou le grand gagnant du qui-dit-vrai sur la gestion de sa communauté sont, ultimement, aussi pertinents ici que l’étaient la coupe de cheveux de LBB ou le loyer de GND : ce n’est pas de la politique, c’est de la mise-en-scène.
Ouais, on dirait bien que ça en prend, un certain spectacle, pour mériter l’attention des médias, ça a même du bon (manufestation, quelqu’un?).
Mais plus on s’enfonce dans la caricature, même chargé de bonnes intentions, plus on s’éloigne des précieuses nuances qui sont le nerf des vrais enjeux.
Plus on mène de vains combats avec des armes idiotes, plus on retarde de débats nécessaires.

Désolé les enfants, mais comme la plupart des choses trop complexes pour être expliquées aux nouvelles télévisées, tout ça n’est pas simple.
Même si par miracle il y avait moyen d’arriver à une tribune authentique de négociation de bonne foi (ha!) avec un représentant légitime (hum) de la couronne, qui aurait la légitimité de négocier pour l’ensemble artificiel et hétérogène des communautés autochtones?

On n’en sort pas, à la base, le « vrai monde », les pions seulement libres de nous mouvoir d’une case à l’autre, à qui on a jamais demandé si on voulait jouer à ce jeu ou un autre, on a tous le même problème de s’accrocher à reculons à des institutions qui ne nous représentent pas, mais sans lesquelles on craint de se retrouver encore plus mal pris.

Les suicidaires masochistes qui choisissent le déni, il faut bien continuer d’essayer de les réveiller, mais comme chacun sait, ils n’apprécient pas les tentatives d’interruption de leur sommeil volontaire.
Mais les autres, tous ceux qui ont des vies à vivre et des causes à porter, il est temps qu’ils se fassent entendre et arrêtent d’obéir à l’exigence inhumaine d’un silence permanent.

On peut désespérer des moutruches ou garder l’espoir de les changer, mais en attendant les moutons continuent de suivre les autres et les autruches d’ignorer les vrais problèmes, alors ce ne sont pas eux qui empêchent un changement de direction, ce ne sont pas eux qui regretteront la résolution de problèmes qu’ils n’ont jamais voulu toucher.

Alors si vous êtes un indépendantiste, réveillez-vous tabarnaque et arrêtez d’ignorer vos plus précieux alliés, et votre meilleur espoir d’atteindre votre rêve, ici enfin aussi possible qu’enfin légitime…

Si vous êtes un ardent #carrérouge, qui avez souffert de la propagande et des calomnies industrielles qui se sont liguées contre vous, vous ne pouvez pas voir recommencer sans rien dire les mêmes tactiques, les mêmes coups bas, le même mépris des « hosties de carrés rouges » maintenant dirigé vers les « hosties de peaux rouges »…

Il est grand temps que tous les insatisfaits du désastreux statu quo réalisent à quel point ils sont aussi nombreux que divisés, aussi désarmés qu’ils sont désunis.

L’étiquette simplette qui vous définit, qui vous plaît ou pas, qu’elle soit communiste, progressiste, anarchiste, écologiste, etc, on s’en fout complètement : que vous vouliez brûler le Parlement ou juste le mettre au recyclage, à la base, on est d’accord qu’il y a comme un problème.

Ça fait même fucking longtemps qu’on est d’accord qu’il y a un problème, mais concrètement, ça coince toujours quelque part.

Mais là, là, maintenant, concrètement, il y a bel et bien quelque chose qu’on peut faire.
Pas éventuellement, peut-être, un jour dans un monde meilleur quand nous serons tous morts mon frère. Non : là, maintenant, ici, tout de suite.

Si vous habitez au Québec, au Canada, et avez d’une manière ou d’une autre l’espoir d’enfin travailler un jour à quelque chose de mieux que la collaboration et la servilité à un système à l’injustice aussi obscène que dangereuse plutôt que simplement d’en parler, vous avez l’opportunité, si ce n’est carrément la responsabilité de faire quelque chose, concrètement.

Parce que concrètement, maintenant, les Premières Nations se lèvent et essaient quelque chose.
Quoi, au juste, et qu’est-ce que ça va donner?

Mais ils ne le savent pas plus que nous, voyons, mais kâlisse, enfin il se passe quelque chose de sérieux au Canada.

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